Pourquoi je suis doula et pas « coach » périnatale

J’ai écrit récemment dans un post sur les réseaux sociaux que « doula », « consultante en périnatalité », « conseillère en périnatalité », « coach périnatale », c’était tous des termes pour dire le même métier, celui d’accompagner les futurs et les jeunes parents sur leur chemin autour de la naissance.

Oui, mais…

Ce n’est pas tout à fait, tout à fait la même chose quand même 😁

Je ne suis pas coach périnatale.

Je me suis longtemps pris la tête pour savoir quel terme utiliser. Dans le cadre de ma formation, plutôt très sérieuse, avec le centre de formation reconnu Mère et Monde, Isabelle Roy, notre principale formatrice, nous déconseillait l’emploi du terme « doula », peu voire pas du tout connu pour les uns, trop connoté négativement, voire générant carrément un mouvement de recul chez les autres… Et surtout parmi les professionnels de la santé!

Et c’est vrai qu’au tout début, quand j’étais enceinte de mon premier enfant, et que je commençais à m’intéresser à tout cela, j’avais découvert l’existence des doulas et dans mon esprit, à l’époque, c’était des espèces de « youyou », de bobos en fichu avec plein de bracelets au poignets et ça ne me semblait pas du tout sérieux!

D’où mon choix de l’école de formation Mère et Monde d’ailleurs, qui a pignon sur rue au Canada, et dont les accompagnantes sont connues et reconnues, et accompagnent les naissances dans tous les hôpitaux, sans problème.

Lors de ma formation, donc, je mettais un point d’honneur à utiliser le terme d’accompagnante à la naissance… Et puis petit à petit, à force de pratique, je me suis dit qu’on se distingue par la façon dont on pratique, et pas par un terme ou un autre…

Mais quand même, coach périnatale, ça, non.

Pourquoi?

Le coaching, c’est permettre aux personnes de se connecter à leurs ressources. En ce sens, le travail de doula peut s’apparenter à du coaching.

Pourtant, je me sens vraiment plus doula ou accompagnante que coach. Je suis plus « écoutante », « informante » (voire « énergéticienne »!) que coach! Je transmets ce que je sais des naissances, ce que la nature a prévu et ce que la médecine peut apporter, je transmets la philosophie du yoga plus que je ne « coache ».

Dans le coaching, souvent, on met en place des stratégies, on se fixe des objectifs et des étapes à franchir pour les atteindre. On cherche des solutions.

Ma vision est à l’inverse.

Pour moi il n’y a pas de méthode pour se préparer à donner naissance (ni pour se préparer ou être un bon parent). Une maman aura beau avoir suivi tout plein de cours de préparation à la naissance et avoir un super « coach » pour l’encourager, si elle est dans le contrôle, si elle n’a pas confiance en elle, si elle n’est pas connectée à son corps et à son bébé, donner naissance sera une épreuve.

La vie n’est pas simple. Donner naissance et devenir parent, ce n’est pas simple. Mais il n’y a pas de mode d’emploi. Il n’y a pas de méthode. Si on vous vend un cours en vous promettant la lune grâce à THE méthode, ne soyez pas dupe.

Chacun doit suivre son feeling et se laisser être ce qu’il est appelé à être. Pour moi la seule méthode c’est de se connecter à soi et au moment présent.

Apprendre l’acceptation. Ne pas lutter contre ce qui est. 

C’est la résistance qui crée la souffrance.

En yoga du Cachemire, on pratique sans intention. On se dépose. On prend le temps de sentir qu’on vit. D’observer ce qui est là, sans jugement, sans attente. 

Dans la préparation à la naissance que je propose, comme dans les séances de yoga prénatal, je travaille cela avec les futures mamans. Ce lâcher-prise : cesser de lutter ou de chercher des solutions mais accueillir ce qui est là. Les sensations, les émotions. Les prendre pour ce qu’elles sont. Les laisser nous traverser. Il y a une sensation désagréable? Ne pas chercher à la faire disparaître, mais la regarder en face.

Cultiver la présence à l’instant. Le passé est passé et le futur n’est pas encore. Seul compte, seul existe le moment présent. Et si le moment présent n’est pas agréable, comme je peux l’accepter?

C’est utile pour tous les petits maux de la grossesse.

C’est utile pour l’enfantement.

C’est encore utile pour la renaissance qui vient après : la naissance d’une mère.

On utilise souvent le pouvoir de l’intention ou les visualisations créatrices : on exprime ou on visualise ce qui nous habite, notre désir profond, ce qui compte vraiment pour nous, et ensuite on peut lâcher prise, faire confiance, s’en remettre à plus grand que soi, à l’univers ou peu importe…

C’est aussi accepter qu’on ne peut pas tout contrôler, tout maîtriser. 

Voilà pourquoi je suis ne suis pas coach mais bien doula : je vous accompagne sur ce chemin.