Journée internationale du droit des femmes

Aujourd’hui c’était la journée internationale des droits des femmes.

Sur les réseaux sociaux, beaucoup de femmes se souhaitaient une bonne fête.

D’autres s’insurgeaient en disant que ce n’est pas la fête des femmes mais la journée des droits des femmes.

C’est quoi la différence? Et en quoi ça me concerne, cette journée finalement ?

Moi je suis belge, blanche, d’un milieu socio-économique aisé. J’ai fait des études (longues) et comme salariée, j’avais un salaire correct. Mon collègue masculin faisait la même chose et gagnait la même chose. Je vis dans un monde où je peux donner mon avis quand je veux, et même voter. Je m’habille comme je veux. Je me suis toujours sentie suffisamment respectée par les hommes qui m’entourent, et je ne me souviens pas avoir eu affaire à des commentaires sexistes ni rien. 

Alors, je veux bien soutenir les droits des petites filles qui ne peuvent pas aller à l’école parce qu’elles sont des filles, des femmes qui ne peuvent pas faire ce qu’elles veulent (conduire par exemple) mais moi, je ne suis pas vraiment concernée, si?

En fait, si.

J’ai récemment eu l’occasion d’en discuter avec un homme, et ça a fait débat. Il trouvait qu’on avait vraiment fait du chemin, sur le sujet, en Belgique. Qu’on n’avait pas à se plaindre. Il m’a parlé de toutes ces directrices, dans la grosse boîte où il travaille, qui sont à des postes à haute responsabilité, et qui semblent si heureuses d’être là. Il m’a parlé de ses amis, hommes, qui aimeraient travailler moins. Les femmes veulent faire carrière, s’éclatent au boulot. Pourquoi eux ne pourraient-ils pas en profiter pour souffler un peu? Ces hommes qui portent le poids de générations d’hommes-travailleurs, d’hommes-dont-c’est-la-responsabilité-de-ramener-des-sous-et-de-faire-vivre-leur-foyer. Pour lui, l’émancipation de la femme par le travail, c’est acquis. A quand la liberté des hommes par la réduction du temps de travail, voire l’arrêt du travail?!

Une chose m’a frappée dans son discours. Il m’a parlé du fait que selon lui, les hommes travaillent depuis des centaines de milliers d’années et les femmes depuis seulement 50 ans. Alors, qu’elle profitent seulement de leur émancipation, ces femmes! C’est au tour des hommes de se reposer un peu, de jouir de la vie!

C’est là que le bas blesse, en fait. Depuis que l’homme est apparu sur Terre, la femme travaille.

🔥 Breaking news! 🔥

Les femmes travaillent. A tout le moins, elles portent les enfants, elles donnent naissance, elles nourrissent et éduquent. Et aujourd’hui en prime, on attend d’elles qu’elles fassent carrière ou en tous cas s’épanouissent professionnellement (bah oui, il a fallut des années de lutte féministe pour en arriver là, il faudrait pas que maintenant elles fassent marche arrière!).

Et ce travail n’a absolument aucune valeur aux yeux de notre société…

C’est comme ce « congé de maternité » qui devrait déjà commencer par changer de nom!!

Alors oui, la journée des droits des femmes, ça me concerne!

Parce que même en Belgique, même dans les milieux privilégiés, il y a encore de nombreuses avancées nécessaires pour les droits des femmes, pour que les femmes soient vraiment libres et reconnues pour tout ce qu’elles font, tout ce qu’elles donnent.

L’égalité, c’est quand chacun a les mêmes droits. L’équité, c’est quand les mesures sont adaptées à la situation de chacun pour qu’au final, ce soit égal. 

La femme ne sera jamais l’égale d’un homme: nous sommes différents. 

Eh oui, c’est notamment la femme qui porte les enfants! C’est elle qui vit ces 9 mois de transformation intense de son corps. C’est elle qui enfante, qui s’ouvre pour donner la vie. C’est encore elle qui produit du lait et dont le corps doit doucement se remettre de ce tsunami… Et encore aujourd’hui, dans la plupart des couples, c’est elle qui s’occupe prioritairement des soins aux enfants, de leur hygiène, de les nourrir, de les vêtir, etc.

Le jour où l’on tiendra vraiment compte de cela, de ces éléments fondamentaux, où l’on adaptera les mesures en faveur de chacun en fonction de cela, on aura avancé. 

Le jour où on valorisera réellement le travail quotidien des femmes, des mères, le soutien de leur famille, l’éducation des enfants, alors on aura vraiment avancé. 

Chaque femme doit avoir le choix de vivre la vie qu’elle veut vivre. Et notamment, le choix de travailler un peu, beaucoup, passionnément et/ou de s’occuper de ses enfants, un peu, beaucoup, passionnément… Bref, être ou ne pas être mère au foyer, telle est la question! Après des décennies à revendiquer le droit de travailler, puis de faire carrière, il me semble qu’aujourd’hui, nous avons tout à gagner à revendiquer la possibilité de faire de vrais choix, celui de se répartir la charge du ménage et des enfants, de ralentir ou pas, de ne plus « travailler » (faut le dire vite pour pas mentir longtemps!), de s’investir ensemble dans l’éducation des enfants,… Des choix qui puissent être discutés en couple. 

Il est temps de reconnaître tout ce que font les petites travailleuses de l’ombre… Pour le bien-être futur de femmes, et des hommes!