Le confinement à 5… Ou comment cultiver la joie

Il semblerait que là, on n’ait plus le choix : il va falloir les assumer, ces gamins qu’on a fait. Et les assumer seuls!

Pas de grands-parents, de stages, ou de centre de jour pour pouvoir en caser un ou deux… Pas de vacances avec mini-club pour les gamins qui permette à papa et maman de souffler un peu… Pas moyen de réunir des copains pour occuper le temps. C’est les grandes vacances avant l’heure, version siècle dernier!

Plus question de fuir au travail, d’aller se vider la tête au sport ou en sorties avec des amis. Burn-out parental ou pas, on va devoir le trouver ce fameux équilibre à 5. Avec un papa qui télétravaille (bon courage!) et une maman indépendante plus ou moins en chômage technique qui tente de profiter de la sieste des enfants pour bosser un peu…

Entre les discours alarmistes et moralisateurs (« Stay fucking at home »), et ceux que je qualifierais de « bisounours » (« C’est super, du temps en famille, c’est l’occasion ou jamais de mettre en pratique les principes d’éducation positive »), je ne m’y retrouve personnellement pas beaucoup. Chacun n’est selon moi qu’une vision partielle de la réalité. Oui il va falloir rester à la maison, et c’est une super occasion pour tenter de mettre en pratique les principes de l’éducation positive (ou des principes d’éducation tout court d’ailleurs) mais ça va pas être coton!! Qu’on se le dise!

Qui parmi nous a déjà fait l’expérience de plusieurs semaines en famille, sans aucune interaction ou presque avec l’extérieur?

Concrètement, au-delà des échanges de bonnes idées créatives pour occuper les enfants, que faire pour survivre?

Je pense que le yoga est un merveilleux outil pour gérer cette situation nouvelle.

Ce week-end, au milieu des informations de plus en plus alarmistes, et des enfants qui m’énervaient, j’ai réalisé que c’était cela dont j’avais besoin. Je me suis assise en tailleur par terre, j’ai porté mon attention sur les sensations de mon corps et sur ma respiration. Et ça allait déjà mieux. Les enfants m’énervaient déjà un peu moins! Je sentais que mon niveau d’énergie remontait instantanément.

Le yoga m’aide à trouver les ressources en moi pour supporter cette épreuve. Ne pas me laisser gagner par l’atmosphère anxiogène diffusée dans les médias. Supporter mes enfants et être présente pour eux. Le yoga m’aide à cultiver la joie face à cette épreuve.

Car, oui, soyons honnêtes, être à la maison à cinq, c’est une épreuve!

Mon fils aîné a une malformation au cerveau qui touche entre autres la zone de la morale, de l’inhibition. Il est très difficile de gérer les interactions entre lui et ses frères. Il insulte, frappe, n’a pas de limites, et il nous confronte non stop à nos limites à nous… Il n’est pas propre, a de gros soucis au niveau des praxies et des compétences visio-spatiales. Il est par exemple impossible de faire un jeu de société avec lui ou encore de lui demander de ramasser des jouets par terre. Il est du coup plein de frustrations et de colères…

Le second est hypersensible (donc chichi à mort), très compétitif (et a l’art de rendre dingue notre aîné en faisant tout mieux et plus vite que lui) et c’est un enfer pour le faire manger.

Et le troisième est un bébé.

Rien d’exceptionnel. 3 petits mecs quoi!! A gérer au quotidien, ça peut être un enfer, toutes les mamans le savent!

Ces derniers temps, on finit régulièrement les week-end, avec leur papa, en se disant, « allez, ça a été, on s’en est pas trop mal sortis. Heureusement, demain, c’est lundi. »

Ben pas de bol, là, y’a plus de lundi…

Alors, que faire?

Mon conseil tient en 1 mot : ACCEPTATION.

La souffrance vient toujours du décalage entre nos désirs et la réalité. Nous sommes confinés à la maison, c’est comme ça. On va faire « contre mauvaise fortune, bon coeur » comme dirait ma maman!

Vous pouvez vous laisser gagner par la peur et la panique ambiante, votre immunité n’en sera que diminuée.

Vous pouvez vous énerver sur vos enfants et laisser le ton monter de plus en plus, votre moral en prendra un coup.

Ou vous pouvez rester connecté à VOUS, à votre coeur. Rester présent. Rester conscient. Avoir confiance. Respirer!

Nous sommes vivants. Et nous avons là une magnifique occasion de nous recentrer sur l’essentiel. Il faut accepter ce que vous vivez. Accepter que c’est dur, par exemple.

Je pense à toutes les mamans que j’accompagne, qui sont en fin de grossesse ou qui sont en plein dans le quatrième trimestre, avec un nouveau-né à nourrir, et qui se retrouvent avec un ou plusieurs enfants plus grands à la maison. Qui sont fatiguées. Et qui ont envie de se centrer sur leur bébé. Ou simplement d’avoir la paix.

C’est dur. C’est une situation nouvelle. C’est déstabilisant. C’est sans doute à milles lieues de ce que vous aviez en tête, de la façon dont vous aviez imaginé les choses. Il se peut que du coup, vous soyez un peu plus dure que d’habitude avec les grands, que vous n’ayez pas de patience. C’est normal…

Et pourtant vous allez devoir faire avec.

La première étape, pour que cela se passe bien, c’est de se connecter à ce qu’on ressent, d’accepter ce qui nous habite (peur, énervement, inquiétude, fatigue, …) et d’y faire face. Si vous laissez ces émotions être ce qu’elles sont, ni plus, ni moins, si vous leur faites face, vous avez déjà faire une grande partie du chemin pour vous en libérer.

Et puis se recentrer sur le souffle, la respiration, la Vie en soi.

Trouver le calme en soi.

Peut-être que la pratique d’un mantra peut vous aider ;  j’aime beaucoup le fameux « j’inspire, j’expire » du moine vietnamien Thich Nhat Hanh.

La méditation, cela peut se faire tout le temps. Pas besoin de tapis de yoga et de silence. Vous pouvez méditez en faisant la vaisselle ou en jouant avec vos enfants. C’est une belle méditation que de partager des moments de qualité, en pleine présence, avec ses enfants…

Belle pratique en famille à tous! Et bon courage!!